La femme parisienne
Le six octobre deux mille seize, à l’aube d’un automne parisien doux et lumineux, Okada Paris a présenté un défilé exceptionnel sur le Pont des Arts. Plus qu’une simple présentation de mode, c’était une performance poétique et urbaine, au cœur de l’un des lieux les plus emblématiques de la capitale.
La collection printemps-été deux mille dix-sept célébrait une femme libre, élégante et résolument parisienne. Les mannequins, munis d’écouteurs, défilaient en silence, chacun porté par une bande-son intime que seul lui percevait. Les spectateurs, eux aussi équipés, étaient plongés dans cette atmosphère sonore feutrée, comme dans une bulle suspendue au-dessus de la Seine. Le tout évoquait une scène de cinéma, un instant volé à la ville, un « flashmob » chorégraphié, discret et raffiné.
Le podium, immense comme le ciel au-dessus de Paris, appelait à des gestes amples et à une silhouette marquante. Pour sublimer cette scène à ciel ouvert, Ken Okada a imaginé un grand jupon spectaculaire, aux volumes généreux et aux couleurs éclatantes, porté comme une sculpture vivante. Le tout orchestré en total look autour de la chemise, icône de la maison. Une manière audacieuse de redonner force, lumière et caractère à cette pièce intemporelle, qui se réinvente ici dans un dialogue entre art, mode et liberté.
Cette scénographie muette et immersive soulignait la délicatesse du style Okada : une allure subtile, une élégance non criée, une beauté qui se devine plus qu’elle ne s’impose. Un hommage sensible à la femme active, créative et sophistiquée.
Le mot de la créatrice – Ken Okada
Ce défilé sur le Pont des Arts restera toujours dans mon cœur. C’était une envie de liberté, de mouvement, de poésie urbaine. J’ai voulu faire quelque chose de discret, mais fort. Comme la femme parisienne que j’admire : subtile, élégante, présente sans avoir besoin d’en faire trop.
Le choix du grand jupon, aux couleurs vives et au volume spectaculaire, c’était mon cri silencieux. Un contraste volontaire avec la simplicité de la chemise, qui reste au centre de tout chez Okada Paris. Ce total look, c’était ma manière de dire que la chemise peut tout porter. Elle peut être théâtrale, délicate, joyeuse, profonde. Elle vit avec celle qui la porte.
Créer ce moment éphémère, presque volé au rythme de la ville, m’a permis d’exprimer ce que je ressens depuis toujours : la beauté de la mode ne vient pas du bruit, mais de l’émotion qu’elle fait naître.